lundi 27 octobre 2008

L'autre boulette

Non, Flo, ce n'est pas elle !

16 commentaires:

flo a dit…

ahhh
YES !!!
qu'elle est décidément belle
merci
tu es un être irremplaçable.



(je me suis bien fait avoir tout-à-l'heure... par moi-même)

Patrick a dit…

"tu es un être irremplaçable"

Tu parles bien familièrement à ma théière, dis-moi !

flo a dit…

pas tant qu'à la mienne, à laquelle je ne me gêne pas pour lancer "allez ma souris, on va faire un You Ji, ok ?"

parfois même j'ajoute : "en voiture Simone" -les jours de fête.

je te prêterai American Psycho un jour (pour l'être irremplaçable)

Patrick a dit…

Le film ou le roman ? Celui-ci bien plutôt que celui-là...
Bateman, c'est un peu mon cousin. Du coup, une petite recherche : tu fais référence à une phrase qu'il lance à Price, right ?

Tiens, rien que d'y repenser, j'en ai la chair de poule... Merci Flo !

flo a dit…

le roman, bien sûr.
(je vais finir par apprendre par coeur l'incipit -si visuel, il me semble que le film ne l'exploite pas)

exactement : "Price, tu es un être irremplaçable".

je vois que ce prêt ne sera pas nécessaire. Alors peut-être Less than Zero ?

Patrick a dit…

A part Glamorama, tout Ellis est passé entre mes mains - tremblantes.

L'adaptation cinématographique des "Lois de l'attraction" était pas mal fichue, pour le coup.

flo a dit…

(Bateman est inoffensif)

flo a dit…

si tu veux je peux te passer Glamorama.

ou alors Pop 1280 de Jim Thompson.

Patrick a dit…

Bateman, oui, mais pas l'idée de Bateman...

Dans un genre plus directement horrifique, Lunar Park m'a bien fait frissonner. Un peu comme je le disais pour le Pascal Thomas : les ingrédients du genre sont tous là, mais avec quelque chose en plus.

Patrick a dit…

J'ai lu le Thompson en traduction française : il y perd 5 âmes, va comprendre...

Glamorama est dans ma bibliothèque. Merci !

flo a dit…

ce que je voulais dire c'est que Bateman ne commet aucun meurtre. Il projette des hallucinations -en même temps le décalage de l'écriture et le point de vue choisi (narrateur=personnage) place le lecteur dans l'adoption de cette fiction dans la fiction.

La violence des contenus favorise cette adoption. A la première lecture, il y a des pages où je m'arrêtais de lire, je levais les yeux de dessus le texte.

Patrick a dit…

Oui Flo, je pense l'avoir lu de la même façon - et y avoir lu probablement quelque chose du même ordre.

Quand je dis "l'idée de Bateman", je pense à ce qui fait que ces hallucinations sont les nôtres, par le jeu de l'écriture d'abord, peut-être aussi par la part d'universalité des instincts qu'elle décrit. Bateman en tant que personnage est inoffensif, mais l'idée de Bateman est en chacun de nous et peut y causer ses dégâts de l'intérieur - grande ingéniosité d'Ellis.

En revanche, je me demande souvent si ce livre ne pose pas davantage de questions qu'Ellis lui-même ne s'en posait en l'écrivant. Cela n'ôte rien à ses qualités ni à ses défauts, mais... voilà : qu'est-ce que c'est que ce livre-là ? Dans quelle mesure l'écrivons-nous nous-mêmes ? A partir de quelle matière s'est forgé le souvenir qu'on en a : du roman matériel, ou d'autre chose qu'il a fait vibrer en nous, dégoût, frayeur ou tout autre sentiment ?

Bonne nuit !

Patrick a dit…

A y revenir, mon dernier point ne me semble pas bien exprimé : que le souvenir d'une lecture se nourrisse du livre lui-même autant que de l'émotion qu'il a suscitée, c'est une évidence. Je voulais dire qu'avec ce livre-là, la balance penche nettement d'un côté, et les réactions qu'il déclenche parasitent la possibilité d'analyse auquel on pourrait le soumettre.

flo a dit…

oui, Bateman est le monstre dont on avait peur -caché sous le lit d'enfant, déguisé et incarné par les projections de l'ombre du rideau, dans la tête en fait. Une sorte d'alter ego, de chair de notre chair.
De ce côté, c'est le mécanisme du conte de fée qui est mis à l'oeuvre dans ce récit.

L'efficacité de la frayeur est renforcée par l'étrange familiarité des faits racontés :
> d'une part Ellis pastiche les contenus de la littérature de terreur qui nous est, souvent, familière. Laquelle a engendré le film d'horreur, le jeu video gore. (d'ailleurs le texte a souvent -ou est-ce projection de ma part?-- un aspect interactif genre xbox, et il y a un niveau qui ressemble à un écran)
> d'autre part, il paraît qu'il reprenait (mais cela est à vérifier) des faits réellement advenus, qui ont figuré dans les journaux. D'une certaine manière, tout cela est bien réel, proche.

c'est un texte un peu "Rubik's cube"

ginkgo a dit…

Lunar park est 1 chef d'oeuvre...!!!
au niveau des enfants, de l'école et des dérives pharmaceutiques -névroses-familiales , je le trouve très pointu . Juste 1 poil d'avance sur ce qui arrive en Europe maintenant ...
et dans le genre je lui ai trouvé récemment 1 "cousin " à Ellis, Edward St Aubyn (la trilogie Patrick Melrose), vous connaissez ?

Patrick a dit…

Ginkgo, je ne connais hélas pas Edward St Aubyn... Ceci dit, un titre comme "Le Goût de la mère", c'est prometteur !